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Orientations stratégiques pour la Formation Professionnelle à l'horizon 2025

Sur les pas de nos prospectivistes rêveurs d'une Tunisie remodelée et boostée, épousant parfaitement l'ère du temps, nous avons exploré les volets de l'éducation et de l'enseignement supérieur, piliers fondamentaux de tout essor économique sur le long-terme.

Vous pouvez redécouvrir les recommandations de l'étude stratégique Tunisie 2025 à ce propos, sur les adresses ci-avant.

Nous avons également vu la place souhaitée des technologies digitales dans l'école et l'université de demain (schéma) selon les mêmes auteurs qui n'ont pas manqué de s'attarder sur la Formation Professionnelle, cette composante qui a tant donné à la jeune Tunisie, à l'aube de son indépendance, et qui fut dévalorisée au fil des dernières décennies...

Aujourd'hui, et comme par ironie du sort, nous nous retrouvons au milieu d'un grand chantier où la IIème République est appelée à rattraper ce monde qui bouge autour de nous, tout en résorbant le chômage voire même.. le manque de main d'oeuvre spécialisée dans certains métiers.. Il est grand temps de reconcilier avec les filières de la Formation Professionnelle, et de quelle manière ?

Nous laissons la parole aux experts qui se sont penchés sur la question :

- Au niveau macro, le type d’articulation entre les cycles éducatifs conditionne l’évolution de la formation professionnelle vers le changement souhaité ;

- Une relation de type client-fournisseur entre les cycles, responsabilisant chaque cycle par rapport à ses propres résultats, est de nature à favoriser la formation professionnelle et à lui permettre de s’acquitter de sa fonction économique de développement de la compétitivité des entreprises, de facilitation d’insertion dans l’emploi pour les jeunes et de maintien de l’employabilité du personnel en exercice. Dans ce type d’articulation, l’enseignement de base, seul cycle obligatoire et gratuit de par la loi, se doit de mettre en oeuvre les outils pédagogiques et organisationnels lui permettant d’amener les jeunes à un niveau de maîtrise certaine des compétences clefs à l’instar des pays développés et des pays émergents (cf. évaluation PISA) ;

- Par contre, une articulation rigide et dirigiste, à l’image de « l’orientation par aiguillage », entre les cycles rend chaque cycle victime du cycle qui le précède et elle est de nature à dévaloriser la formation professionnelle et à la reléguer au rang de voie camouflant l’échec scolaire. Ce type d’articulation risque de soumettre la formation à des contraintes telles qu’elle ne sera plus en mesure de remplir sa fonction de réconciliation de l’économique avec le social par plus de compétitivité et plus d’emploi ;

- Au niveau micro, le mode d’allocation des ressources aux centres de formation professionnelle conditionne l’évolution de la formation. La dotation budgétaire administrative, par l’octroi de subvention d’équilibre sur la base d’évolution par rapport à l’année précédente, déconnectée des résultats du centre tels que mesurés par l’insertion et la qualité de l’insertion, est de nature à encourager le centre à se renfermer sur lui-même et à s’éloigner des modes de formation avec l’entreprise qui nécessitent plus d’efforts. Le principe de la subvention d’équilibre est contre-productif ;

- Par contre, un mode d’allocation des ressources indexé aux résultats va pousser le centre à innover et à chercher les formules qui maximalisent ses résultats et minimisent ses dépenses, les résultats n’étant pas des diplômes distribués mais plutôt un effectif de personnes formés et insérés dans l’emploi et des actions de formation certifiantes demandées et payées par les entreprises. La différence entre les ressources dégagées et les charges supportées reste dans le centre pour financer l’innovation ;

- L’allocation des ressources sur la base des résultats induit également une bonne gestion des ressources humaines et de développement de leurs compétences. Les ressources humaines deviennent un capital pour le centre et non une charge financière à supporter ;

- Enfin, elle induit la recherche d’innovations pédagogiques, notamment celles offertes par les nouvelles technologies pour améliorer les processus pédagogiques et réduire leurs coûts ;

- La troisième variable qui conditionne l’évolution de la formation professionnelle est l’abolition du monopole de l’université dans l’octroi des titres donnant accès aux qualifications supérieures et le passage obligé18 par le baccalauréat (en tant que diplôme de fin de l’enseignement secondaire) pour accéder aux formations menant à ces titres. Ce passage obligé14 et ce monopôle sont contreproductifs pour le pays. Implicitement, ils détournent les jeunes de la formation professionnelle et les incitent à rester dans le cycle secondaire, public ou privé, en leur suggérant que s’ils n’obtiennent pas le diplôme du secondaire, leurs perspectives professionnelles seront bouchées ;

- Par contre une formation tertiaire dans le système de formation professionnelle est de nature à rassurer les jeunes et à les encourager à opter volontairement et très tôt pour la formation professionnelle. Ceci est de nature à alléger la charge du cycle secondaire et de l’université et à attirer vers la formation des jeunes motivés. C’est cet « effet de cheminée » qui explique la bonne image de la formation dans les pays développés et émergents ;

- Les passerelles ne constituent qu’un slogan. L’ouverture à des populations de formations conçues et organisées pour d’autres types de population est rarement efficace ;

- La quatrième variable qui conditionne l’évolution de la formation professionnelle est la mise en place d’un système d’accréditation indépendant des structures en charge de la formation. Le système d’accréditation est cohérent avec l’établissement de relations clients-fournisseurs entre cycles éducatifs et de formation, avec une allocation de ressources sur la base des résultats et avec la mise en place d’un système d’assurance qualité.


Ces propositions ont été ficelées par la commission "Education et Culture" présidée par Nejib Abdelmoula et composée de : M. Mohamed Zine El Abid ine, Hamed Ben Dhia, Adel Gaaloul, Sonia Mbarek, Lasssad Mezghani et Abdelaziz Halleb dans le cadre de l'étude prospective Tunisie 2025 rapportée par Hafedh Bouktif et Mondher Khaled, encadré par Kais Hammami et Mehdi Taje, prospectivistes, sous la direction de Hatem Ben Salem, ex-directeur du l'Institut Tunisien des Etudes Stratégiques.





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