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Tunisie 2025 : Renforcement du rôle de la société civile

La réforme institutionnelle fut un cheval de bataille du nouveau président élu Kais Said tout au long de sa campagne pour la Magistrature Suprême. Nous avons compris qu'il est question de donner davantage de place aux citoyens et aux jeunes en particulier pour contribuer dans la (re)construction de leur économie. De quelle manière ?

Nous l'ignorons encore, le projet présidentiel est encore loin d'être confronté à la réalité du terrain et à l'armada juridique déja complexe et non entièrement mise en application. 

En revanche, il importe de rappeler que la société civile a été l'un des acquis majeurs de la Tunisie révolutionnaire après sa libération. Large d'un réseau de plus de 23 mille associations (zoOm) et jouissant d'une véritable force de frappe comme l'atteste le World Justice Project (schéma), ce "cinquième pouvoir" fut à l'origine de nombreux tournants historiques dans le tumule politique vécu après les premières élections libres de 2011. Nous citons notamment le plaidoyer pour l'instauration de la parité électorale dont voici les origines

Sachant la place redoutable de cette société civile ainsi que son ouverture à toutes les franges de la population, comment peut-elle être impliquée dans le chantier de la IIème république ? Loin de toute considération politique, nos stratèges se sont efforcés de répondre à la question, émettant quelques propositions pour faire rapprocher l'Etat et le Peuple fort et libre avec ses associations. Ci-après quelques recommandations extraites de l'étude prospective Tunisie 2025 tissée par les experts de l'ITES en 2015 :

- Le renforcement de l’autonomie et de la dimension apolitique de la société civile par la promotion des différentes formes d’organisations volontaires et autonomes par rapport à l’Etat ;
- Le développement de la fonction de contrepouvoir de la société civile par la mise en place de mécanismes où pouvoir et contre-pouvoir interagissent positivement et aident l’Etat à mieux intégrer les élites ;
- L’encouragement de la société civile à travers ses différentes composantes (associations, syndicats bloggeurs, ordres professionnels, intellectuels) à suivre la politique gouvernementale, la contrôler et exercer un contrepoids nécessaire à son pouvoir en la critiquant et en alertant l’opinion publique contre les carences, l’atteinte aux droits de l’homme, l’ingérence dans le fonctionnement de la justice et des médias ;
- L’encouragement de la collaboration entre les représentants de l’Etat et les composantes de la société civile pour contribuer à apaiser la tension sociale et la mise en oeuvre de mécanisme de dialogue social ;
- La construction de la confiance entre les acteurs politiques et les organisations de la société civile et les citoyens autour d’une vision partagée du développement du pays (renversement de la tendance de désaffectation de la vie politique) ;
- L’appui de l’action des associations au niveau local et développement de leur capacité pour la promotion de la citoyenneté et de la démocratie participative ;
- L’implication de la société civile dans le cadre de la décentralisation prévue par la Constitution, dans le processus. 

Ces recommandations ont été formulées par Mongi Ben Raies, Mustapha Ben Letaief et Sabria Sekhiri Zarrouk, présidés par Ridha Ben Hammed dans le cadre de l'étude prospective Tunisie 2025 rapportée par Hafedh Bouktif et Mondher Khaled, encadré par Kais Hammami et Mehdi Taje, prospectivistes, sous la direction de Hatem Ben Salem, ex-directeur du l'Institut Tunisien des Etudes Stratégiques.



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